Avec le soutien de
la saison Multitude 2026-2027
Dans ce premier roman de Ramsès Kefi, une disparition fait voler en éclats l’équilibre fragile d’une famille. Lorsque la mère de Salman quitte brusquement l’appartement, laissant derrière elle un simple message promettant un retour, c’est tout un monde silencieux qui se fissure. Pour ce fils de 36 ans, ayant volontairement choisi de rester habiter chez ses parents et de limiter son horizon au quartier, chercher sa mère devient une manière de se chercher lui-même.
Tandis que les voisin·es racontent, se souviennent, nuancent, contredisent, le portrait d’une femme discrète et effacée se transforme en celui d’une personne traversée par une histoire plus vaste et marquée par l’exil et l’ombre d’une Tunisie effacée des récits familiaux. En laissant le père et le fils face-à-face, Quatre jours sans ma mère montre comment l’absence peut devenir un déclencheur de vérité. Le roman déploie ainsi une réflexion fine sur la masculinité, les trajectoires sociales, la mémoire de l’exil et la manière dont une femme, en disparaissant, reprend paradoxalement la main sur sa propre histoire.